Ce dont un site web bilingue a vraiment besoin au Cameroun

Ajouter le français ou l’anglais n’est pas une simple traduction, c’est une question de structure. Ce qui change dans votre menu, vos polices, vos formulaires, vos visuels et votre visibilité sur les moteurs de recherche.
CAPS website design 3

« Faites-le simplement en anglais et en français. » La phrase arrive généralement à la fin d’un brief de site web, dite comme on mentionnerait une couleur préférée. Puis la réalisation commence, et la partie bilingue se révèle toucher presque toutes les décisions du site : le menu, les polices, les formulaires, les visuels, et même la façon dont les pages sont organisées pour les moteurs de recherche.

Traduire les mots, c’est la moitié facile. C’est la structure qui fait réussir ou échouer discrètement un projet bilingue.

Pourquoi le bilinguisme n’est pas un bonus ici

Le Cameroun fonctionne avec deux langues officielles, et la plupart des organisations pour lesquelles je crée des sites ne peuvent pas en choisir une seule. Un think tank publie des recherches que les universitaires francophones comme les partenaires anglophones doivent pouvoir lire. Une entreprise de Douala vend à des clients qui passent d’une langue à l’autre dans la même conversation WhatsApp. Une association qui cherche des financements a besoin d’une page en anglais qu’un partenaire étranger peut vraiment comprendre.

Si la moitié de votre public arrive sur une page qu’elle ne peut pas lire, elle ne la traduit pas. Elle s’en va.

La traduction est la plus petite partie du travail

Voici ce qui surprend quand la deuxième langue arrive :

  • Les libellés du menu : le français est environ vingt pour cent plus long que l’anglais. « Contact us » devient « Contactez-nous », « About » devient « À propos ». Une barre de navigation parfaite en anglais passe sur deux lignes en français.
  • La typographie : la police de vos titres doit gérer les majuscules accentuées. Beaucoup de polices d’affichage n’ont pas de vrai É ou de Ç, et on ne le découvre qu’au moment où un titre s’affiche avec un caractère manquant.
  • Les formulaires : les libellés des champs ne sont que la partie visible. Les messages d’erreur, le texte des boutons, l’écran de confirmation et l’e-mail automatique doivent aussi exister dans la deuxième langue.
  • Les dates et les nombres : 09/12/2026 ne désigne pas le même jour selon qui le lit. Écrivez le mois en toutes lettres, dans les deux langues.
  • Les visuels contenant du texte : chaque bannière, affiche ou visuel pour les réseaux sociaux qui contient des mots doit être produit deux fois. C’est la ligne qu’on oublie quand on fait le budget.
  • Les documents : les rapports, brochures et programmes liés depuis le site font partie de l’expérience. Un PDF uniquement en français derrière une page en anglais est une impasse.

Choisissez la structure avant d’écrire le moindre mot

Il existe deux façons d’ajouter une deuxième langue à un site, et elles ne se valent pas.

La première est un widget de traduction qui réécrit la page dans le navigateur du visiteur. Il s’installe vite et reste utile comme service pour une troisième ou une quatrième langue. En revanche, il ne crée pas de vraie page : il n’y a pas d’adresse distincte pour la version anglaise, donc rien qu’un moteur de recherche puisse indexer, classer ou montrer à quelqu’un qui cherche en anglais.

La seconde est un vrai site bilingue, où chaque langue a ses propres pages à leurs propres adresses, et où les deux versions sont officiellement reliées pour que les moteurs de recherche sachent qu’il s’agit du même contenu en deux langues. C’est plus cher au départ. C’est aussi la seule version qui attire du trafic dans les deux langues.

Faites ce choix avant la rédaction des contenus, car changer plus tard oblige à refaire les adresses, les menus et les liens internes.

Concevez pour la langue la plus longue

La règle pratique que je suis : mettre en page le design dans la langue la plus longue, généralement le français, et laisser respirer la plus courte. Un bouton dimensionné pour « Learn more » cassera avec « En savoir plus ». Un bouton dimensionné pour le français tiendra les deux.

C’est la même chose pour les blocs de titres, les titres de cartes et les en-têtes de tableaux. Il coûte bien moins cher de prévoir de la place dès la conception que de redessiner un composant une fois la traduction arrivée.

Ce que coûte un ajout après coup

Ajouter une deuxième langue à un site terminé est rarement une petite dépense. Il faut reconstruire le menu, dupliquer chaque page, réexporter chaque visuel, reconfigurer chaque formulaire et modifier la structure des adresses. Dans la plupart des cas, cela coûte plus cher que de construire bilingue dès le départ, et le résultat est plus fragile.

Une checklist avant de briefer qui que ce soit

  • Quelle est la langue principale, et laquelle est la traduction ?
  • Chaque page a-t-elle besoin des deux langues, ou seulement les pages publiques ?
  • Qui rédige la deuxième version, et pour quand ? Un développeur ne peut pas inventer vos contenus.
  • Combien de visuels contiennent du texte, et qui paie la deuxième série ?
  • Avez-vous besoin d’être trouvé dans les deux langues, ou la deuxième est-elle un service pour les visiteurs déjà sur votre site ?
  • Qui s’occupe de la maintenance ? Chaque futur article, événement et document représente désormais deux fois plus de travail.

C’est cette dernière question qui décide si un site bilingue le reste. Les sites ne cassent généralement pas, ils dérivent, une mise à jour non traduite après l’autre.

Intégrez-le dès le départ

Un site bilingue n’est pas un site anglais avec un bouton français ajouté. C’est un seul projet pour deux publics, pensé ensemble dès le premier croquis, et tout à fait réalisable avec un budget de petite entreprise quand la décision est prise tôt.

Si vous avez besoin d’un site qui fonctionne vraiment dans les deux langues, lancez votre projet de site web ici.

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Portrait of Mersil Nick Mikek

Écrit par Mersil Nick Mikek

Graphiste multi-certifié, community manager et développeur web IA basé à Yaoundé, j’aide les petites entreprises à paraître aussi grandes que leurs ambitions.

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